Réélu pour un troisième mandat, Joseph Segura aborde cette nouvelle étape avec lucidité, humilité et détermination. Dans un contexte budgétaire contraint et après une élection serrée, le maire de Saint-Laurent-du-Var fixe une ligne claire : poursuivre la transformation de la ville, protéger son identité et remettre le quotidien des Laurentins au cœur de l’action municipale. Sécurité, circulation, cadre de vie, jeunesse, seniors, économie locale, sport et culture : ce mandat sera celui de la proximité, du concret et des résultats.
Monsieur le Maire, vous êtes réélu pour un troisième mandat. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle étape ?
Avec une boussole très simple : servir Saint-Laurent-du-Var. Je suis le maire de tous les Laurentins : de ceux qui m’ont soutenu, de ceux qui ont fait un autre choix et de ceux qui ont exprimé une inquiétude ou une colère. Mon rôle n’est pas de nier ce message, mais de l’entendre et d’y répondre.
Notre cap reste clair : faire avancer la ville, protéger son identité et préparer l’avenir, avec détermination, mais aussi avec lucidité dans un contexte budgétaire difficile.
Que retenez-vous des élections municipales de mars 2026 ?
Je respecte profondément le suffrage des électeurs. Quand près d’un Laurentin sur deux choisit une autre proposition, il faut l’analyser avec sérieux. Il y a une attente de protection, de proximité et de clarté.
Gérer une ville, ce n’est pas seulement dénoncer. C’est décider, financer, arbitrer, négocier avec les partenaires publics, répondre aux urgences et préparer l’avenir. La ville se gère avec énergie, mais aussi avec expérience, connaissance des dossiers et capacité à obtenir des résultats. Les Laurentins ont tranché. À moi désormais de prouver, chaque jour, que leur confiance était justifiée.
Dans un contexte financier contraint, comment concilier ambition et responsabilité ?
Aimer sa ville, ce n’est pas promettre n’importe quoi. C’est dire la vérité. Oui, les moyens sont contraints. La baisse imposée par l’État de la Dotation globale de fonctionnement représente 450 000 euros pour notre budget 2026 ; depuis 2014, c’est une perte cumulée de 30 millions d’euros pour Saint-Laurent-du-Var.
Nous devons donc être rigoureux. Mais la rigueur ne doit pas devenir une excuse pour renoncer. Notre méthode tient en trois mots : utile, financé, durable. Chaque projet doit être justifié et pensé dans le temps. Un maire doit protéger les contribuables ; il doit aussi investir, car une ville qui n’investit plus est une ville qui décroche.
Quel regard portez-vous sur le mandat écoulé et les transformations engagées ?
Lorsque nous avons pris nos responsabilités, Saint-Laurent-du-Var avait pris du retard dans ses investissements, ses équipements et ses aménagements. Nous n’avons pas commenté les problèmes : nous les avons affrontés.
Aujourd’hui, les réalisations sont visibles : l’école Ferrer, les berges du Var, l’avenue du Général de Gaulle, le square Bènes, le bord de mer, le Point du Jour, dont les déconstructions sont désormais une réalité, et bientôt le port modernisé.
Je sais que toute transformation suscite des interrogations. C’est normal. Mais je revendique une chose : nous n’avons pas laissé Saint-Laurent-du-Var immobile. Nous avons rattrapé du retard, modernisé des espaces, amélioré des équipements et préparé l’avenir.
L’urbanisme a-t-il été l’un des sujets sensibles de cette élection ?
Oui, clairement, et il faut l’entendre. Saint-Laurent-du-Var est une ville aimée, avec une identité forte, un esprit de proximité et des quartiers auxquels les habitants sont attachés. Quand la ville évolue, certains peuvent craindre de perdre une part de cette identité.
Mon objectif n’est pas de densifier pour densifier. Il est de mieux organiser la ville, de répondre aux besoins de logements, de services et de mobilité, tout en préservant ce qui fait notre singularité. Nous devons être plus exigeants encore sur la qualité architecturale, la végétalisation, les espaces publics et la cohérence des projets. Une ville ne doit pas être figée, mais elle ne doit jamais être brutalisée.

Une nouvelle équipe municipale vous entoure. Quel rôle jouera-t-elle ?
Elle sera essentielle. Une ville ne se transforme jamais seule. J’ai souhaité une équipe renouvelée compétente et engagée, avec des profils complémentaires, de l’expérience et un regard neuf. Ce qui rassemble cette équipe, c’est une même exigence : être utile aux Laurentins. Dans le contexte actuel, la mobilisation collective est une force. Pour avancer, il faut décider, mais aussi rassembler, écouter et agir ensemble.
Après le temps des transformations, quelle priorité pour les années à venir ?
Nous entrons dans une nouvelle étape : après le temps du redressement, le temps du quotidien. Le temps des Laurentins.
Mon objectif est une ville plus agréable, plus sûre, plus fluide, plus verte et plus vivante. Cela passe par une attention concrète aux familles, aux jeunes, aux seniors, aux actifs, aux commerçants et aux associations.
Les grands projets restent nécessaires, mais je veux que ce mandat soit aussi celui des réponses aux irritants du quotidien : la circulation, la sécurité, la propreté, le stationnement, les nuisances, la qualité des espaces publics. C’est souvent là que se joue la confiance.
“J’ai entendu le message des Laurentines et des Laurentins. Mon engagement est simple : être présent, agir concrètement, tenir le cap et obtenir des résultats. Ce mandat sera celui de l’exigence, pas l’exigence des discours : l’exigence des actes.”
Quels projets concrets souhaitez-vous engager ?
Dans le domaine sportif, nous lancerons un nouveau gymnase avec un pôle dédié à la gymnastique, à proximité du dojo. C’est un équipement attendu, utile et maîtrisé financièrement.
Sur la culture, nous portons l’ambition d’une salle de spectacle moderne de 300 à 350 places, près de la gare et du futur tramway, ainsi qu’un projet de médiathèque. Ce sont des lieux de rencontre, d’apprentissage, de respiration et de lien social.
Sur le cadre de vie, nous poursuivrons l’embellissement du bord de mer et le prolongement de la promenade jusqu’au port. Nous renforcerons aussi notre engagement pour une ville plus verte, avec deux grands parcs à venir, notamment dans le futur écoquartier de la Porte de France et sur le site du Moulin. C’est cela, pour moi, l’écologie concrète : une écologie utile, visible, qui améliore vraiment la vie.
La circulation reste une préoccupation majeure. Que proposez- vous ?
Saint-Laurent-du-Var est une ville carrefour. Elle subit des flux importants entre Nice, Cagnes-sur-Mer, l’aéroport, le littoral, les zones d’activité et les collines. On ne réglera pas tout avec une phrase, mais on peut agir avec méthode.
Plusieurs projets structurants doivent améliorer la situation : la 6202 bis, la liaison entre la moyenne corniche et la route des Pugets, le tramway, les pistes cyclables. Notre objectif est simple : une ville mieux organisée, plus fluide, où l’on perd moins de temps. La circulation, ce n’est pas seulement de la voirie ; c’est du temps de vie, de la fatigue en moins et de la sérénité en plus.
La sécurité a été au coeur de la campagne. Quelle est votre ligne ?
La sécurité n’est ni un slogan, ni un sujet de polémique. C’est le premier des respects : le respect des familles, des commerçants, des seniors, des jeunes et de tous les habitants qui veulent vivre tranquillement.
Nous avons déjà renforcé nos moyens : une police municipale structurée, un centre de supervision modernisé, un réseau de vidéoprotection largement étendu. Pour le mandat à venir, nous irons plus loin avec plus de présence sur le terrain, plus de proximité et de nouveaux points d’ancrage dans les quartiers. Nous renforcerons notamment la gare, le vieux village et les Pugets. Ma ligne est constante : fermeté, calme et efficacité.

Quelle place pour les jeunes, les seniors et l’économie locale ?
Une place centrale. Les jeunes ont besoin d’équipements sportifs, de culture, d’accompagnement, d’orientation, d’accès à l’emploi et de considération. Je veux qu’ils aient envie de rester ici, de construire ici et d’entreprendre ici.
Les seniors sont une richesse pour Saint-Laurent-du-Var. Ils portent la mémoire de la ville et font vivre le lien entre les générations. Nous devons aussi répondre à l’isolement, à la mobilité, à l’accès aux services et parfois à la précarité.
L’économie locale est également décisive : grands pôles, commerces de proximité, artisans, restaurateurs, professions indépendantes. Pour les aider, il faut de la sécurité, de la propreté, du stationnement, des animations et des espaces publics agréables. L’attractivité ne se décrète pas ; elle se construit chaque jour.
Un dernier mot pour les Laurentins ?
Saint-Laurent-du-Var a changé et continuera de changer, mais toujours avec la même exigence : avancer, protéger notre identité et préparer l’avenir.

